samedi 4 avril 2009

Lire sans voir

Silence. Il ferme les yeux. Silence toujours. Elle écoute. Aucun mot ne sort de sa bouche mais elle l’écoute. Elle écoute ? Elle l’écoute. Elle entend ? Il a les yeux fermés. Elle ouvre les yeux. Ils sont clos ? Les siens oui. Et lui ? Lui n’est pas comme elle. Lui éteint, elle étouffe. Ou alors elle tousse. Il s’esseule. C’est impossible. Alors peut-être est-il esseulé. Et elle dans tout ça ? Ça n’est pas tout. Tout, ça, elle, lui, qui s’en fout ? Vous, moi, qui sommes-nous ? Elle se trouve importante. Elle le trouve importun. Il ne l’a pas trouvée. J’espère qu’il sait trouver. Ou qu’il s’est au moins trouvé, lui. Elle a disparu. Elle est derrière lui. Elle et lui. Elle est lui. Luit-elle ? Lui ne luit pas pour elle. Plus de pluie. Plus ou plus ? Plus. Plus du tout. On n’y voit rien. Tu es ébloui. Par elle ? Non, par lui. Mais lui ne luit pas. Le soleil luit. Paraît-il que l’horreur luit. Non c’est l’aurore. C’est elle ? Sans doute. Il s’en doute ? Il n’y a plus de sens. Il n’y en a pas toujours, même dans l’horreur. Il sent sa présence. Mais il n’a pas levé ses paupières. Sans s’en rendre compte elle sent aussi. Sa propre présence ? Non la sienne. Laissons-les. Ainsi esseulés ? D’autres viendront. Les verront-ils ? Pas comme nous. Ils ne nous ont pas vus. Qui a disparu ? Tout. Comment ? Tout. Il est lié à elle. Elle y était-elle ? Oui je crois. Délions-nous de nous-mêmes. Tu veux le suivre. Tu sais qui je suis ; c’est elle que je suis. Alors essuie-la. La pluie l’a mouillée. Occupe-toi de lui. S’il en est ainsi.

1 commentaires:

FLG a dit…

Le but premier, c'est de nous perdre?
Gagné!