L’inspiration m’est revenue
Ce qui m’attend c’est la gloire
Adieu cruel désespoir
Percez les vicissitudes de la langue
Sortez des sentiers battus
Et glorifions la parole
Ecriture cruelle et sombre
Sors de ta gangue
Que jamais l’encre ne s’estompe
Sur les nimbes de l’horizon
Subrepticement nous naviguons
L’aura des nymphes et des sirènes
Vers d’autres mondes nous entraînent
Dans cet univers bucolique
Homme 1 - On rembobine.
Homme 2 - Non il n’y a plus rien.
Homme 1 - Chut !
Homme 2 - Je n’ai rien dit.
Homme 1 - Continue d’te taire. Il avance.
Homme 2 - Pas sûr.
Homme 1 - C’est moi qui r’cule ?
Homme 2 - Peut-être.
Homme 1- Mais dis moi ! Non il avance.
Homme 2 - Il n’est plus là.
Homme 1 - Parti, fini, adieu.
Homme 2 - Tu en rajoutes.
Homme 1 - Il faut combler.
Homme 2 - Ton cerveau est déjà bien encombré.
Homme 1 - Attends ! Il revient.
Homme 2 - C’est son ombre
Homme 1 - Son nombre ?
Homme 2 - Non, son ombre.
Homme 1 - Mais s’il y a son ombre, il est là aussi non ?
Homme 2 - Je ne sais pas.
Homme 1 - Tu ne sais jamais rien
Homme 2 - Maintenant je sais où il se cache.
Homme 1 - Où ?
Homme 2 - Toi tu ne sais pas, moi je sais.
Homme 1 - Donc tu dois m’ le dire.
Homme 2 - Tu as dit que je ne savais rien. Si je ne sais rien, je n’ai rien à te dire.
Homme 1 - Tu m’emmerdes à la fin !
Homme 2 - Tu es vulgaire.
Homme 1 - Je suis moi.
Homme 2 - Encore heureux que tu ne sois pas moi.
Homme 1 - Soyons nous-mêmes et attrapons-le.
Homme 2 - Je n’en ai plus envie.
Homme 1 - Tu n’as pas le choix.
Homme 2 - Bien sûr que si. On a toujours le choix.
Homme 1 - Si tu pars tu es un homme mort.
Homme 2 - Qui me tueras ?
Homme 1 - Moi.
Homme 2 - Il te tuera avant.
Homme 1 - Mais de quel côté es-tu à la fin ?
Homme 2 - Du mien, comme toujours.
Homme 1 - T’es bien l’seul.
Homme 2 - Ça ne fait rien.
Homme 1 - Tu es donc toujours si impassible, si froid, si …. Oh et puis merde !
Homme 2 - Toi tu es toujours vulgaire en tout cas.
Homme 1 - Tais-toi !
Homme 2 - C’est toi qui en reviens toujours à l’ouvrir.
Homme 1 - Ouvrir quoi ?
Homme 2 - Tu vois !
Allonge toi
Regarde le ciel qui resplendit au-dessus de toi.
Ferme les yeux.
Apprends maintenant à regarder sans eux.
Respire profondément
Et savoure ce que tu ressens à présent.A toi je dédie toutes mes nuits.
Astre si brillant qu’on l’en oublie.
Alors je me penche et t’observe
Animé comme avant par le rêve.
De ta plénitude je reste coi .
Dire que tu disparais parfois.
Dans ton croissant je me berce souvent.
Deviens gibbeuse, quartier un instant.
Vers un noir dessein
S’épanchera ton chagrin.
Pour ta propre mort
Nous n’aurons aucun remord.
Qui parmi nous
Voudrait d’un tel fou ?
Même la Religion
Aura perdu pour toi toute passion.
Alors nous te laissons
Petite, elle garde néanmoins de belles formes. Sauvage, elle ne se laisse pas facilement approcher et encore moins dompter. Nombreux sont ceux qui s’y cassèrent les dents. Et lorsque l’on croit l’avoir eue, c’est avec surprise et violence que l’on se retrouve six pieds sous terre avant d’avoir pu souffler mot.
Elle peut être douce et caressante mais aussi violente et effusive !
Lorsque l’on se plonge dans l’un de ses trois orifices, on sent sa vierge nature nous envahir. Une osmose avec cette beauté originelle s’installe immédiatement entre l’aventurier et elle.
A chaque instant, de nouvelles sensations, de nouvelles merveilles émanent de cette rencontre d’un instant, d’une vie pour certains.
Je dis ses formes généreuses. En effet, ses protubérances en feraient rougir plus d’une ! Elles ne sont pas symétriques mais qu’importe ! on les parcourt avec un plaisir, certes essoufflant, mais pour jouir d’une vue sans pareille !
Mais l’on peut aussi, pour les moins téméraires d’entre nous, rester en surface et admirer ses contours paradisiaques. Blancs, noirs ou rouges, ses apparats son variés. Mais tous baignent dans ce même bleu infini et envoûtant qu’on pourrait contempler des heures durant, sans jamais se lasser.
On pourrait croire qu’elle nage en plein bonheur, irradiant sous un soleil bienfaiteur. Mais bien souvent son chagrin est tel qu’elle pleure des semaines, voire des mois sans pouvoir s’arrêter. Rien ne peut alors la soulager. Il faut attendre que la peine passe et que la joie ensoleillée revienne. Car elle finit toujours par passer. Même lorsque sa colère répand des torrents de larmes sur son corps.
Je pourrais aussi évoquer son parfum aux mille saveurs. Sucré, il est aux croisement de l’Afrique et de l’Asie. Nos narines constamment chatouillées font chavirer nos sens.
Vous l’aurez compris, on ne peut que s’enamourer devant telle beauté ! Son nom ? Réunion.
Céleste pays que je me plais à contempleR
Hémicycle des premiers pas de l’humanitE
Il n’y aura pour moi que ce nom en leitmotiV
Nous dévoilant ses beautés avec tant de fermetE
Empire nacré que j’espère découvrir au plus vitE
Sur l’échelle infinie je monte et dépasse le toit du monde.
Du ciel s’abattent les carreaux, accompagnés du cri des trompettes.
La chasse se poursuit jusqu’aux premières lueurs matinales.
Un doux chagrin s’épand sur la plaine.
L’espoir, si petit soit-il, naîtra de la féminité.
Sale est le sable blanc rampant par delà les mers, s’élevant tel ces microcosmes intemporels. De ce néant naîtra l’embryon de ce prochain grain. Et si par hasard la raison s'envolait, il restera probablement ce message : " A toi je le dis, à toi je pense, sans toi je ne vivrai pas."
Ton tout tyrannique tuera ta tendre Tafka.
Tu tombes. Trois toiles te tiennent.
Traîne ta tombe, tremble de tout ton toi !
Tout temps turlupine ta trajectoire.
Terre tremblante, tristesse thaumaturge.
Soleil sans souci scintille sur ses sources sacrées si savamment silencieuses.
Silhouettes sucrées sans sel.
Stupide égarement sans loi ni facette.
Orange amère née de l’éphémère.
Indicible transmission de la pensée.
Beauté des mots sans botter les maux.
Inutilité du dessein sans confort.
Amour narcissique dépouillé de ses passions.
Illogisme de la raison et mouvance du crayon.
Noyade du vent sous l’ombre de la Terre.
Ecriture sans conscience se pose en son âme.
Labyrinthes complexes en prémices d’une intelligence.
Présence avouée d’une absence cachée.
Musique silencieuse pour accords nostalgiques.
Femme dénudée sous couvert d’acier.
Blancheur de l’été aux confins du ciel.
Disparition de la feuille derrière les aléas du bleu.
Parterre embué de fleurs.
Aux transparences de lumière s’éteint la flamme.
Fraîcheur du désert sur les moiteurs de l’amour.
Cruel souvenir qui n’est pas encore né.
Témérité de la proie qui chasse.
Observation des anneaux de l’humanité.
Chasteté céleste.
Cri du désespoir d’un roc.
Palmier sans couleur ni forme.
Poubelle du monde sauvage abrité.
Clôtures des lèvres et ouverture de la bouche.
Bon à jeter si tend à espérer.
Incompréhension de tes yeux sur lecture des lettres.
Ensuite, ce sont les joues brûlantes, les langues de feu sautillantes, aussitôt englouties par les ténèbres, les corps qui se tordent, elle te dit doucement, elle crie qu’elle a mal ! Elle se débat, te traite de bête sauvage ! Elle est traquée, chassée, déchirée, avalée. Ah… cette obscurité dense, tangible, ce chaos fermé, ni ciel ni terre, ni espace ni temps, ni être ni non-être, ni non-être ni être, ni être du non-être, ni être de l’être, le feu brûlant du charbon de bois, les yeux humides, la caverne ouverte, les volutes de fumées, les lèvres brûlantes, les cris gutturaux, l’homme et la bête, l’appel à l’obscurité originelle, l’angoisse du tigre féroce dans la forêt, l’avidité, les flammes sont montées, elle pleure en poussant des cris aigus, la bête sauvage mord, rugit, elle est ensorcelée, elle saute tout droit, tourne autour du feu, la lumière est de plus en plus claire, les flammes changeantes, informes, dans la grotte d’où s’élèvent les volutes de fumée, une lutte à mort s’engage, elle se précipite sur le sol, elle pousse des cris stridents, saute encore, rugit, étrangle et dévore … le voleur de feu s’est enfui, au loin la torche entre dans le noir, elle diminue, la flamme n’es plus qu’un petit point vacillant dans la bise. Elle s’éteint.
J’ai peur, dit-elle.
De quoi ?Ce soir, impossible de lire. Ce n’est pas l’envie qui manque mais mon esprit est ailleurs. Impossible de me concentrer sur les mots. Ils n’ont guère plus de sens qu’une feuille blanche. Mais cette feuille, elle, je peux la remplir. Je peux lui donner un sens et ainsi, occuper mon esprit ! Dur d’écrire sans penser ni pensées.
Me voilà donc entré dans un nouveau cercle qui promet d’être long : le travail ! Et ce, sans même avoir pris le temps de réaliser d’autres rêves. Cependant, est idéaliste ou stupide celui qui croit qu’un rêve ne nécessite aucun bien matériel ! Peut-être pour un petit rêve ! Le genre de rêves qu’ont ces personnes qui, après avoir passé toute une vie au même endroit ; dans la même ville, le même quartier, la même maison, ont enfin un rêve ; celui de découvrir la ville voisine. Mais ces rêves ne sont pas pour moi. Je n’ai déjà que trop goûté à l’évasion. Il m’en faut bien davantage désormais.
Indubitablement, j’entraîne un besoin matériel, non considérable, mais du reste important.
Je vais donc devoir attendre.
Attendre.
Attendre pour réaliser mon propre road-movie. Son thème ? Le monde ! Et par-dessus tout, l’Autre, les relations humaines. 6 milliards d’habitants dans ce monde aux mille facettes. Autant dire l’infini. Jamais personne non jamais personne ne pourra voir ne serait-ce qu’un seul de ces six milliards ! Et encore faut-il savoir ce que l’on entend par voir. Car oui ! les plus grandes « stars » peuvent se prévaloir d’avoir vu des millions de personnes. Mais ce sont ces millions qui sont allés vers l’un ; non l’inverse. Je ne suis pas intéressé. Je veux être l’un qui va vers les autres ! Même s’ils ne sont que quelques centaines, quelques milliers. Je veux croiser les regards de chacun d’entre eux. Parler au plus grand nombre. Finir ma vie en disant « Je n’ai pas vu ! J’ai rencontré ! Rencontré des hommes et des femmes aux quatre coins du monde. J’ai pu entrapercevoir l’infini de l’humanité. Et maintenant, je peux aussi mourir car le monde ne m’est plus inconnu. »
Pour beaucoup le bonheur consiste à réussir, à mener sa petite vie. C’est cet affreux schéma occidental : travail – famille ! Argent et amour ! Je renierais presque les deux si l’amour n’était pas le sentiment que j’éprouve pour le monde entier et si l’argent n’était pas mon unique outil pour être en mesure de partager l’amour. Mon bonheur n’est pas moins riche que le leur. Le mien est chaque jour rempli par de nouvelles rencontres, de nouveaux regards. Mon bonheur n’est partagé que de manière éphémère ? Qu’importe !! Depuis quand l’éphémère est-il moins précieux que le perpétuel ? Il l’est davantage au contraire. On apprécie davantage le bonheur si on le sait de courte durée. Qui n’a jamais dit « je t’aime » à une personne qui ne fut autrefois qu’inconnue ? Et combien d’entre eux ont pris le temps de le dire à leur parents, à leurs frères et sœurs aux côtés de qui ils s’imaginaient passer jusqu’au restant de leurs jours ? Si peu oui. Nous avons conscience du bonheur éphémère. Nous l’avons beaucoup moins de celui qu’on imagine impérissable. Or donc, au final, tout bonheur ne serait qu’instant passager ? Je m'égare.
En attendant le rêve d’une vie, contentons-nous de celui d’une nuit.