L’aveugle a, comme les grands seigneurs, le privilège que tous s’écartent sur son passage
Le sourd lui, voit les autres remuer ciel et terre pour se faire comprendre
Le muet enfin, reçoit des autres ainsi que les stars, papiers et crayons pour qu’il y griffonne quelques mots
Ceux pour qui le handicap est caché sous leur boîte crânienne gagnent au mieux la compassion, au pire la pitié
Et pour les autres, ceux pour qui le handicap a gravé son nom sur leurs visages
Ceux-là ne gagnent rien
Ils provoquent dégoût, peur, répulsion, sont fuis, abandonnés par les masses
Elles-mêmes handicapées par leur propre bêtise
J'accapare un rêve. Pas le mien, celui d'un autre. Merci le Cirque des Miracles.
Mais bon dieu ! t'es pas au théâtre ! Arrête ton char, personne n'y croit ! Ne pleure pas mon freluquet, tu verras t'en auras d'autres des comme-ci, des comme-ça, des comme-cela et pourquoi pas, des comme moi ! Tu verras ça demain peut-être. Ah mon ami c'est chaud, ça va pas tarder ; tu pourras aller le mettre. Ne rougis pas ! Le sujet n'est pas là. Pas celui-là, celui du texte. Ta perversité a ta naïveté pour barrière, ou la connerie ta libido pour engrais ? Je suis vulgaire pardonne-moi. T'en auras pour tes frais.
En avant soldats de l’ombre
L’inspiration m’est revenue
Ce qui m’attend c’est la gloire
Adieu cruel désespoir
Percez les vicissitudes de la langue
Sortez des sentiers battus
Et glorifions la parole
Ecriture cruelle et sombre
Sors de ta gangue
Que jamais l’encre ne s’estompe
Je suis resté enfermé. Tu fixes ton avenir de tes yeux. Mais ta famille, pour toi, a déjà tout arrêté. Tu ne peux que suivre le chemin de tes aïeux. Au bout du compte il n’y aura que ta tombe pour… Mais tu pleures ! Qu’attends-tu, sors de ta torpeur ! Muet, aveugle ou sourd Ne t’arrête pas, continue, cours ! Creuse non vers le cercueil Mais pour ta liberté Ne reste jamais séquestré, cloîtré, muré, enfermé.
Une petite brise matinale, les premiers rayons du soleil, l’air marin, le sable blanc. Il a passé la nuit sur la plage et se réveille, le corps engourdi par le froid, dans cette atmosphère paradisiaque. Le silence de la civilisation le chant de la nature, il est seul. Enfin c’est ce qu’il supposait avant d’apercevoir une silhouette, étendue à une centaine de mètres sur sa droite. Un autre évadé ? Ne pas se précipiter. Commencer par se lever, se passer de l’eau sur le visage. Il jette sans cesse des regards furtifs dans l’autre direction. Toujours aucun mouvement. Un quart d’heure s’est maintenant écoulé depuis son réveil. Il décide enfin d’approcher du mystérieux inconnu. Sur le chemin, il aime cette sensation des pieds qui s’enfoncent dans le sable, le visage chauffé par le soleil. Il prend son temps mais garde les yeux rivés sur sa destination. A une trentaine de mètres, il se rend compte qu’il s’agit en fait d’une femme. Elle est allongée sur le dos. Une ligne de rêve, un débardeur, un mini short. Une peau bronzée juste comme il faut, des cheveux blond vénitien. La créature de rêve, la bénédiction du ciel. Des mois de galères pour se retrouver en si charmante compagnie. Sans s’en rendre compte son pas s’est accéléré. Il peut maintenant la voir plus en détails. Quelque chose le gênait cependant. La pâleur de son visage ? L’odeur étrange des alentours ? Visiblement tout ne semblait pas aussi parfait qu’il l’avait imaginé. L’odeur, la couleur, les mouches et surtout, la plaie béante sur son ventre…. La beauté de rêve se révèle n’être qu’un monceau de chair et de sang croupis. Pauvre femme.
Comme à chaque fois, un léger brouhaha émane de la pièce. Mais aujourd’hui, il ne l’entend pas ; tout lui paraît si loin, si sourd. Son ouïe n’a qu’une cible, le pas de la porte. Le moindre cliquetis provenant de cette direction et il sursaute. Le temps ne passe plus, il est interminable, il s’est arrêté. Ses brusques torsions du cou commencent à lui donner des douleurs. Il doit cesser de regarder, trouver quelque chose d’autre pour fixer son attention. Impossible. Il y a sans arrêt des regards à la dérobée. Enfin, ses coups d’œil s’avèrent payants. Une ombre passe, se fixe sur le sol. Large et imposante, elle ne l’est pas autant que le corps qui en est l’origine. Ça y est ! IL est arrivé ! IL est là ! IL attend ! IL regarde ! IL scrute ! …. IL entre. Pour lui, les réactions s’enchaînent. Il blêmit, ses mains sont moites, il sent la température de son corps atteindre le seuil de la combustion instantanée, ses jambes le lâchent, il veut s’assoir, s’allonger, disparaître. Il doit s’avancer. Il doit parler. Sa gorge est sèche, son corps refuse toujours d’obtempérer. Il demeure là, immobile. Prêt à recevoir le premier boulet de canon en pleine poire. Il attend son destin, plus rien n’existe. Il n’a plus qu’à tendre l’épée, le cou, et attendre qu’on l’ait occis.
Et je n'ai pas même le titre de professeur de français !
Alors oui vous trouverez peut-être des erreurs d'orthographe, de grammaire, de vocabulaire, de conjugaison, de syntaxe et j'en passe !
Et je m'en excuse
I am so sorry
对 不 起
Bien sûr qu'il faut les traquer ces erreurs ! Leur coller une bonne correction ! Mais dans un esprit de collaboration, de communication, de progression ! (Non merci Monsieur le Président, je ne suis pas intéressé par un poste de conseiller !).
Par contre, les cyniques, les vulgaires et les donneurs de leçons, Non Merci ! Car je suis le maître à bord, le seul grand censeur !
Vous êtes ici sur un lieu de plaisir(s) ! Pas sur un champ de batailles ! Dehors les conflits d'ordre privé ! Ou même d'ordre public ! Dehors la pollution lexicale ! (pensez un peu à l'environnement quoi !).
No more communication Just another eviction Shake my heart It’s nothing if you hurt Sorry Honey I’m wicked So just take your pick If I were another man Would you change your plan It’s not a trick I swear I’m really scared
Silence. Il ferme les yeux. Silence toujours. Elle écoute. Aucun mot ne sort de sa bouche mais elle l’écoute. Elle écoute ? Elle l’écoute. Elle entend ? Il a les yeux fermés. Elle ouvre les yeux. Ils sont clos ? Les siens oui. Et lui ? Lui n’est pas comme elle. Lui éteint, elle étouffe. Ou alors elle tousse. Il s’esseule. C’est impossible. Alors peut-être est-il esseulé. Et elle dans tout ça ? Ça n’est pas tout. Tout, ça, elle, lui, qui s’en fout ? Vous, moi, qui sommes-nous ? Elle se trouve importante. Elle le trouve importun. Il ne l’a pas trouvée. J’espère qu’il sait trouver. Ou qu’il s’est au moins trouvé, lui. Elle a disparu. Elle est derrière lui. Elle et lui. Elle est lui. Luit-elle ? Lui ne luit pas pour elle. Plus de pluie. Plus ou plus ?Plus. Plus du tout. On n’y voit rien. Tu es ébloui. Par elle ? Non, par lui. Mais lui ne luit pas. Le soleil luit. Paraît-il que l’horreur luit. Non c’est l’aurore. C’est elle ? Sans doute. Il s’en doute ? Il n’y a plus de sens. Il n’y en a pas toujours, même dans l’horreur. Il sent sa présence. Mais il n’a pas levé ses paupières. Sans s’en rendre compte elle sent aussi. Sa propre présence ? Non la sienne. Laissons-les. Ainsi esseulés ? D’autres viendront. Les verront-ils ? Pas comme nous. Ils ne nous ont pas vus. Qui a disparu ? Tout. Comment ? Tout. Il est lié à elle. Elle y était-elle ? Oui je crois. Délions-nous de nous-mêmes. Tu veux le suivre. Tu sais qui je suis ; c’est elle que je suis. Alors essuie-la. La pluie l’a mouillée. Occupe-toi de lui. S’il en est ainsi.
La bougie est de loin la plus romantique Car dès qu'on allume la flamme de son cœur Elle se met à fondre en larmes Et, à moins que par pitié quelqu'un ne l'éteigne Elle y consumera jusqu'à son dernier son souffle
Où vont les brebis de Dieu lorsqu’elles meurent ? Probablement brûler en Enfer comme tout le monde. Seuls les bergers ont pu payer le laisser-passer pour le Paradis. Ils se retrouvent autour d’une table ronde à trinquer avec les Apôtres. On trouve bien aussi quelques brebis parmi eux. Les plus belles ça va de soi. Celles qui leur procurent le plaisir du septième ciel. Whisky, cigares, jeux, sexe et peut-être même drogues, Les vieux s’en mettent plein la panse. Où vont les brebis de Dieu lorsqu’elles meurent ? Probablement brûler en Enfer comme tout le monde, ou presque. Les gens vivent, les gens meurent et brûlent dans le grand brasier Qui réchauffe les pieds de ses Messieurs haut placés.
C'est sous l'ombre d'un olivier Que m'attend patiemment la vestale. Habillée de son unique collier, Elle me guide jusqu'à cette immense salle. Les volutes de fumée et les parfums ambrés Donnent au lieu un goût de sacré. Je pénètre dans le bain, la suivant pas à pas Et tandis qu'elle se retourne, je l'enveloppe de mes bras.
Un planeur traverse sans bruit
L’immensité du ciel azur
Il voit les montagnes et les océans
Il voit les hommes
Il parcourt sa route silencieuse
Je le vois, il ne me voit pas
Il a disparu, s’est posé peut-être
Un planeur se pose-t-il ?
Take off your shoes my dear You’re gonna hear Even if you’re going to die I won’t let you fly Stay for a while Stay all your life I don’t blame you Sure you understand, don’t you My way is vengeance But I have a clear conscience I hear a constant shot Me, you, it’s hot So why not my angel After all our future is Hell Before leaving Let me tell one thing Today we take air plane Tomorrow shall be air pain
Un jeune violoncelle Eut envie de jouer avec trois demoiselles Il convia la clarinette, la viole et la harpe Le violoncelle tenait à jouer avec chacune d’elles
La clarinette n’était pas facile C’était à qui prendrait le dessus sur l’autre Chacun y allait de sa mélodie, de son tempo, de son forte L’accord des deux parties se fit bien rare Et quand il pensait enfin avoir L’avantage sur son amie La clarinette le rejetait sans bruit
Agacé, le violoncelle préféra s’entretenir avec la viole Tout ne fut qu’harmonie Sans concession, sans heurt et sans cri Les deux tourtereaux se berçaient mutuellement de leurs sonates Et autres symphonies Mais la balade prit fin Lorsque la viole se souvint Que le piano l’attendait au loin
C’est ainsi que le violoncelle se retrouva Seul Seul ? Non, la harpe était toujours là Ils se regardèrent un instant Silencieusement Le violoncelle n’avait pas l’habitude de jouer avec la harpe Quant à la jeune harpe Elle voyait pour la première fois Un tel instrument Ils commencèrent timidement A engager la conversation par quelques gammes, quelques harmoniques De cordes en archet, la musique se fit peu à peu envoûtante Et sans s’en rendre compte Ils jouèrent ainsi des heures durant Mais la romance dut prendre fin subitement Les lumières étaient rallumées Le public s’en était allé Ils s’accordèrent pour un au revoir Et se promirent de se retrouver Dans l’orchestre prochainement
Il n’y a personne d’autre. Nous sommes seuls et personne ne viendra avant un bon moment. Nul n’entendra. Les premières minutes sont passées à toute vitesse. Mais voilà plus d’une heure maintenant que je patiente. Mon sang s’échauffe, mon front est couvert de sueur. Même mes mains témoignent de leur impatience. Elles tremblent comme jamais elles n’avaient tremblé. J’en viens presque à me demander si ce sont bien les miennes. Tout serait tellement plus simple si j’étais dans le corps d’un autre.
Mais il faut me rendre à l’évidence, je suis seul dans mon corps et seul je prendrai une décision. Mais elle, là ! Elle qui n’a pas bougé depuis tout à l’heure, qui attend avec cette maîtrise de soi que je n’aurai jamais. Ca je ne peux plus le supporter. Comment fait elle ? Pourtant elle me voit ! Je suis là ! Je suis réel ! Et ce couteau que je tiens dans ma main, lui aussi est bien réel. La lumière est tamisée mais sa lame si brillante diffuse sa pale clarté dans la pièce. Chacune de ses pointes est comme une dent affamée qui attend son heure pour se planter dans la chair de sa proie. Pourtant ma main droite retient toujours cette bouche de métal. Elle devrait avoir peur ; mais je suis le seul à trembler. La tension qui subsiste entre le couteau qui s’avance et mon bras qui recule crée un parfait équilibre, à peine dérangé par mes spasmes et ma nervosité. Je ne suis qu’à quelques centimètres mais de son côté rien n’a changé. Ou plutôt si, une chose a changé. La chaleur qui l’entourait il y a encore une demie heure a presque disparu. A croire qu’elle pense que je ne ferai rien ! Que je m’arrêterai là ! Comment ose-t-elle ? Je tiens son sort entre mes mains et elle n’en montre pas la moindre inquiétude. Sa sérénité est exaspérante. Mais je ne dois pas lui montrer que je suis le plus anxieux de nous deux. Je dois me montrer sûr de moi. Comment en suis-je arrivé là ? Je ne sais même plus. Tant pis, ça n’a finalement pas d’importance. Elle, elle doit savoir. Nous nous connaissons à peine mais elle sait que je ne suis pas fou, que si j’en suis là maintenant c’est qu’il y a forcément une explication, une bonne raison. Alors elle me laisse agir comme bon me semble. Son tendre corps dénudé s’offre à moi comme un cadeau du ciel. Il y a quelque chose de religieux en cet instant. Je me tiens au-dessus d’elle, avec en ma possession l’instrument du destin placé au plus près de sa chair. J’ai tantôt le regard de la Pietà, tantôt celui d’un loup convoitant l’Agneau de Dieu. Il faut que je me concentre, je ne dois plus fléchir, il faut me décider. Le mieux serait peut-être de penser d’abord à la manière dont je vais procéder. Il me faudra lui porter un coup net et précis. Je ne veux pas qu’elle souffre. Immédiatement après ce premier coup, j’en porterai un deuxième, au même endroit. Le sang s’écoulera abondamment, elle mourra vite. Voilà, c’est comme ça que je vois les choses ! Tout à coup je sens un regain d’énergie. Je le ferai ! Oui je le ferai !
Je vais d’abord la toucher. Je pose délicatement le bout de mon index sur sa chair. Stupeur ! Ce n’est pas la sensation à laquelle je m’attendais. Elle est froide, si froide qu’on la croit déjà morte. Il n’y a plus rien à en tirer. Toute euphorie me quitte immédiatement. Non ! Elle n’avait pas le droit de me faire ça ! C’est moi qui devais la tuer ! Moi ! Je ne veux plus, c’est décidé. Je repose calmement mon couteau, mais aussi ma fourchette. Je prends l’assiette et m’apprête à déverser cette bidoche froide et saignante au fond de la poubelle. De toute façon je préfère la viande blanche. Et pourtant… et pourtant je tiens toujours l’assiette pleine entre mes mains.
Dans la grisaille de l’hiver, il poursuivait son chemin, marchant tête baissée pour se protéger du vent glacial. Tout ce qui l’entourait lui semblait si gris. Le trottoir qu’il fixait, les murs qu’il longeait, les arbres dénudés qu’il rencontrait. Dans cette triste ville, la splendeur de l’automne et la fraîcheur du printemps semblaient appartenir à un temps trop éloigné pour pouvoir y songer un seul instant. Mais il fut bien contraint, lorsque le chemin prit fin, de contempler ce qu’il s’était efforcé de ne pas voir. Alors, au détour d’une ruelle, sur ce cliché monochrome, apparut la couleur. Un long manteau carmin lui cachait son corps. Seule sa tête, hors du col, se distinguait nettement. Des cheveux blonds et légèrement ondulés, une peau blanche rosie par le froid, des yeux effilés. Il ne pouvait distinguer sa bouche, cachée par une écharpe de cachemire. Ce visage il le connaissait. Il l’avait déjà vu. Il fouilla le fond de sa mémoire, en vain. Ce souvenir ne refit pas surface. Elle avançait d’un pas rapide, le regard fixé sur l’avant. Il devait l’intercepter, lui faire face, la forcer à lui rendre sa mémoire. Il traversa la route en toute hâte, sans entendre les appels sonores des automobilistes agacés. Il atteignit l’autre bord, enfin. Essoufflé, il la chercha du regard mais elle n’était plus là. Plus dans son champ de vision. Le cœur palpitant il courut dans la ruelle qu’elle arpentait il y a encore une minute. Disparue, envolée, perdue. Il avait échoué. Ce souvenir ne referait pas surface. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire, reprendre son chemin là où il l’avait quitté. Mais il demeurait dans ses pensées, perdu lui aussi. Ne sachant quelle route prendre, il préféra s’asseoir, quitte à s’endormir sur le bas-côté tel un mendiant.
Ouvre la porte Contemple ce qui s’ouvre à toi Et si le vent t’emporte Vers un meilleur endroit N’oublie pas sur ton chemin De remercier le destin
Ouvre ton cœur Contente ceux qui s’ouvrent à toi Et s’ils t’en apportent Verse leur un de ton choix Ne plie pas sous ton chagrin Deux anges sont tes gardiens
La tête vide. La muse est partie ; Et les mots se sont endormis. La plume même a séché ; L’encre que je cherche à déposer s’efface Sous l’ombre de ma main ; L’outil se meut, Respecte les lignes et les paragraphes. Mais alors qu’il aborde La seconde moitié de la feuille, Ce qui devrait avoir laissé trace N’est qu’un amas blanc, La feuille est vierge. Quel cruel sort se joue ici de l’écrivain ? Son arme, son bouclier deviennent les pastiches D’une gloire passée. La bataille est terminée. Et la pensée ne suffit plus à la ranimée. Tout prend fin. Le songe comme la vie, La réalité comme la mort. Est-ce que tout recommence ensuite ? Se peut-il qu’un jour, Par ses yeux fatigués, L’écrivain réalise enfin Que la page était pleine Et que c’était son âme en peine Qui en en cachait le chemin ? L’âme est guérie, La muse est avec lui ; L’écrivain se repose.
Allant jusqu’à mourir dans la joie, jusqu’à s’épancher du bonheur, ses frasques sans pareilles nous révèlent un homme gagné par la folie. Sa vie est électrisante, sa mort sera un cataclysme.
Il se dit homme de la Terre, nous le voyons maître de l’univers. Sa main vous sauvera sauf s’il n’y consent pas. Auquel cas vous ne pourrez que souhaiter une mort rapide et sans douleur. Celles pour qui il a dévoilé son amour sont devenues reines, impératrices des cieux. Celles qu’il a rejetées sont maintenant gardiennes de leurs tombeaux. Il serait l’égal des dieux s’il ne leur était pas déjà supérieur. Il voudrait être humain mais devra pour cela attendre que notre race quitte sa place de dernière parmi les pires espèces du monde. Il comprend le monde entier, le réel, l’imaginaire, le moi, le surmoi, le rêve, la mort, la vie, le côté obscur s’il le faut, mais personne ne le comprend. Il ne connaît pas le malheur et vous voudriez de sa pitié. Vous vous échinez à lui parler des heures durant quand il n’a besoin que d’un regard pour que tous se plient à sa volonté. Cette femme là ! qui veut lui présenter son enfant ; est-ce une offrande ? Comment ose-t-elle mettre à sa vue ce morceau de chair ? Il joue, vous priez. Il part, vous sacrifiez. Il revient vous priez et vous sacrifiez de nouveau. Il ne dit rien, vous hurlez comme des gorets. Aller, c’est jour de fête ! Priez la corde au coup !
Toi ! Garde ta rancune. Pars en paix rejoindre les anges. Va te perdre au cœur de son âme divine. Absous tes pêchés. Rejette ton orgueil. Ferme les yeux. Ne te suicide surtout pas. Laisse-les regretter ta mort. Ne sois pas une mauvaise personne. Tu dois faire ce qui doit être fait. Deviens sage si tu ne l’étais pas encore. Deviens le prince de ton palais d’argent. Ouvre toi. Oublie ton corps souillé par l’existence humaine. Pardonne toi, aime toi, déverse ton amour dans tes propres veines. Touche ton visage. Embellis toi. Que tu ne puisses plus jamais regarder ton reflet sans vouloir l’embrasser. Nettoie toi les lèvres pour embrasser les dieux. Tu découvres tes propres tympans par tes cris de bonheur. Caresse tes bras jusqu’en haut. Ils ne te serviront plus au Paradis mais ils sont toujours là. Dépêche toi. Compte chaque particule de ta peau. Décompose tes erreurs et pêchés en poussières. Ne t’arrête surtout pas. Plus rien ne doit rester.
Toi !
Garde ta rancune. Crève dans les bas-fonds. Va te perdre au cœur de ton âme sanguinaire. Dégénère ton esprit malsain. Ramasse ton orgueil. Arrache toi les yeux. Ne te suicide pas. Laisse-les te faire mourir à petit feu. Ne fais pas dans le sordide. Contente toi de faire ce qui doit être fait. Deviens fou si tu ne l’étais pas encore. Deviens le prince de ta cage d’ébène. Enferme toi. Ravale tout ton corps souillé pour que plus rien n’en subsiste. Flagelle toi, strangule toi, déverse ton venin dans tes propres veines. Arrache ton visage. Défigure toi. Que tu ne puisses plus jamais regarder ton reflet sans lui vomir dessus. Déchire toi les lèvres pour embrasser les démons. Tu exploses tes propres tympans par tes hurlements de douleurs. Ronge tes bras jusqu’aux os. Ils ne te serviront plus à rien pour venir lécher les défections de tes nouveaux maîtres. Dépèce toi. Débite chaque particule de ta peau. Décompose tes organes en poussières. Ne t’arrête surtout pas. Plus rien ne doit rester.
Plus jamais je n’entendrai cette voix douce et chaude qu’il ne supportait pas, la sienne. Plus jamais je ne le reverrai sur scène, son sourire aux lèvres et son énergie débordante. Plus jamais je n’aurai la joie de voir le groupe uni sur scène, jouant avec joie.
Mais j’écouterai toujours sa voix, ses nappes de piano, d’orgues et ses compositions. Mais je garderai toujours ce souvenir d’un musicien incroyablement humain. Mais j’aurai toujours en mémoire le jour où je l’ai vu jouer ses plus grands morceaux.
On le prend pour un iceberg sur lequel on peut se reposer sans danger. On s’imagine que c’est un appui sûr avec toute sa partie immergée. Mais il n’est qu’un bloc de glace en train de dériver. Comme la glace, il est fragile et instable. S’appuyer sur lui, c’est prendre le risque de glisser. Et si l’on souhaite partir avec lui, les dangers peuvent être insurmontables. Il peut fondre, ou rester solide comme un roc au contraire. Il peut se morceler ou demeurer inébranlable. Mais ce sera toujours un voyage vers l’extraordinaire. Car son avenir est tout entier Ineffable.
Combien de personnes ont réellement lu mes textes ? Cinq, dix, davantage ? Mais, vous l'aurez peut-être remarqué, parmi ces personnes s'en trouve une qui a tout lu, tout commenté. Un véritable commentateur attitré, à ceci près que ses commentaires sont parfois plus déroutants encore que ce à quoi ils renvoient. Que dire de lui ? Qu'il s'ennuie au point de n'avoir d'autre occupation que de lire et commenter mes "textes" (m'est-il seulement permis de parler de textes ?) ? Ou bien qu'il prend du plaisir à passer du temps sur de l'amateurisme quand il y a tant de spécialistes à découvrir ? Ou bien encore qu'il prend très à cœur son rôle d'ami dévoué pour me pousser toujours plus loin dans l'amélioration ? Aller ! Soyons fou et parions sur la troisième possibilité ! (Oui je parle de moi à la quatrième personne. Et alors ?). Si l'on prend cette option, je me devais de l'en remercier publiquement. Je remercie à cette occasion les quelques âmes qui servent de public. C'est, je le pense, chose faite avec ce texte qui t'est tout simplement dédicacé. Merci.
De qui as-tu rêvé cette nuit De toi bien évidemment Alors je suis à tout instant présente dans ta vie Mais par la pensée uniquement Préfères-tu que je m’enfuis A aucun moment Ne sois pas triste comme si Comme si tu disparaissais lentement Tu sais que je serai toujours ici Mais mon chagrin n’est pas imminent Alors soyons heureux d’être amis Et bien davantage probablement Viens avec moi au Paradis Non ce n’est pas possible tu mens C’est l’Enfer que de vivre ainsi Je m’y sens très bien pourtant Nos ennuis ne sont pas finis Cesse de penser à ce monde oppressant Je n’y peux rien c’est comme ça que je vis Alors célébrons ton enterrement Ne joue pas les abrutis Je désire seulement jouer mon rôle d’amant Demain tu devras être parti Si seulement Non il n’y aura pas de compromis Viens avec moi pour un court laps de temps Arrête je t’en supplie Je faisais semblant Nous sommes là assis Toi heureuse et moi qui suis content Quelqu’un de nous se rit Ce n’est que le soleil scintillant Et l’apparition du jour naissant
Remember when you were young You shone like the sun Shine on you crazy diamond
Now there's a look in your eyes Like black holes in the sky Shine on you crazy diamond
You were caught in the cross fire Of childhood and stardom Blown on the steel breeze Come on you target for faraway laughter Come on you stranger, you legend, you martyr, and shine!
You reached for the secret too soon You cried for the moon Shine on you crazy diamond
Threatened by shadows at night And exposed in the light Shine on you crazy diamond
Well you wore out your welcome With random precision Rode on the steel breeze Come on you raver, you seer of visions Come on you painter, you piper, you prisoner, and shine!
Et voilà ! C’est le week-end mais ça s’annonce plutôt mal. « Tu viendras hein ? Tu viendras ? » Sa mère l’a appelé toute la semaine pour être sûre qu’il répondrait présent aujourd’hui. S’il demeure content d’aller prendre un peu l’air de la campagne, il sait ô combien ces repas de famille l’ennuient profondément. Et aujourd’hui ce n’est pas à la campagne qu’il aurait voulu aller. C’est la voir, elle ! Même si ça signifiait passer le week-end en banlieue, dans la pollution. La journée risque de devenir encore plus longue qu’il ne le pensait. Au programme, pique nique dans les bois. Aïe ! Ca risque de s’éterniser c’t’affaire ! Tout est prêt et la famille se met en route, prenant le petit chemin qui passe derrière la maison et se dirige dans les bois. Il connaît cette balade par cœur et ses pas le guident tandis que son esprit s’égare. Il pense toujours à elle. Il meurt d’envie de l’appeler. S’ils ne s’étaient pas croisés hier il n’aurait pas pu tenir deux jours sans avoir de ses nouvelles. Que fait-elle, elle ? Est-elle seule ? Avec quelqu’un ? - Youhou ! Eh ! Tu réponds oui ? - Hein ? quoi ? - Tu peux aider ton père s’il te plaît ? - Heu oui ! Pas de problème ! - Eh ben fiston ! Tu travailles pas aujourd’hui ! Arrête un peu de penser au boulot et profite ! Le boulot … comme si c’est à ça que je pensais. Des semaines que je n’ai plus la tête dans le boulot. C’est elle qui occupe mes pensées. Toutes. - J’ai dans l’idée que c’est pas vraiment au boulot que tu pensais non ? Mon frère ! L’art et la manière de lire dans la tête des gens. Je ne supporte pas quand il fait ça, qu’il devine mes pensées. - T’aurais pas une fille en vue toi ? Et voilà ça continue… - On peut rien te cacher à toi hein ! Mais tu rêves si tu crois que je vais te dire quoique ce soit ! Déjà suffisamment fier d’avoir vu juste, il n’insista pas. La nuit fut pire encore. Impossible de dormir. Le téléphone dans les mains, je ne savais pas quoi faire. L’appeler ? Ne pas l’appeler ? Et puis pour quoi faire après tout ? Je risque de la déranger si j’appelle maintenant. On dit toujours que prendre un peu de distance de temps à autres fait toujours le plus grand bien. Je n’ai qu’à profiter de ces deux jours ici, à des kilomètres de mon quotidien, l’oublier un peu, la laisser vivre. Je la retrouverai bien lundi. J’espère.
Elle lui dit qu’elle est heureuse. Ce n’est pas le fait qu’elle soit heureuse qui le préoccupe. Cette fille l’a toujours fasciné pour sa joie de vivre et sa bonne humeur. Il l’a toujours vue avec le sourire bien qu’il sache, qu’au fond, elle garde sa part de sensibilité et de fragilité que l’on retrouve en chaque être humain digne de ce nom. Non ce qui le préoccupe aujourd’hui c’est qu’elle ne lui avait jamais dit « je suis heureuse ». Il pensait naïvement qu’elle était toujours heureuse avec lui. Mais là, il n’y est pour rien. C’est son mari qui la rend si joyeuse. Pas lui. Ainsi il se rend compte que sa place, qu’au demeurant il pensait si importante aux yeux de sa bien-aimée, se révèle infime face au poids de l’amour d’un époux. En pessimiste qu’il est, il en vient à s’imaginer devoir oublier cette femme, devoir renoncer à tout son amour. Il pourrait même se dire que tout est fini. Heureusement, il sait bien qu’il ne doit pas faire une montagne d’une si petite chose. Elle, elle ne s’est probablement rendu compte de rien. Il doit ravaler son orgueil, estomper sa jalousie et surtout, apprécier chaque instant passer avec elle, de prêt comme de loin.
- Je veux écrire. - Ah oui ? Sur quel sujet ? - Eh ben j’en sais rien moi. - Comment ça tu n’en sais rien ? Il te faut bien un sujet pour écrire. - Ah bon ? Moi je n’ai rien. - Alors n’écris pas si tu n’as rien. - Mais si ! J’écrirai ! - Sur rien ? - Non je sais ! J’ai trouvé quelque chose…
Récemment, on m’a dit que l’écriture devait être domptée. Après réflexion, je ne suis pas d’accord. Je pense que l’écriture doit être, non pas domptée, mais plutôt charmée. Il faut l’approcher en douceur, lui prouver qu’on mérité sa compagnie. La plupart de ses prétendants se feront rejeter sans concession. D’autres auront la chance d’un amour d’un soir, d’un court moment d’intimité. Peut-être le temps d’une lettre ou deux. Et enfin pour les plus chanceux, ce sera une véritable histoire d’amour. Avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses désillusions. Tous les grands écrivains ont vécu ou vivent une histoire d’amour avec l’écriture. Ils vivent en harmonie, se confient l’un à l’autre, se reflètent l’un dans l’autre. Difficile de dire où j’en suis dans ma relation avec l’écriture. Je ne peux décemment pas encore parler d’histoire d’amour. Aller ! Soyons fou ! Je dirai que je flirt avec l’écriture. Je la connais à peine. Mais je l’aime déjà. Peu de temps passé ensemble mais toujours avec bonheur. Je n’ai donc plus qu’à espérer que cette relation se poursuive et s’accroisse. Cependant n’imaginez pas que je puisse me contenter de vivre avec l’écriture comme seul amour jusqu’à la fin de mes jours ! En tout cas ce n’est pas ce que je souhaite. Mais l’amour de l’écriture apporte bien plus. Il peut se fondre en un amour d’humain à humain. Et là l’écriture joue pleinement son rôle ! Elle devient l’amour messager de l’amour ! (comment ça faut que j’arrête l’alcool ???)
Mélodie insensée, envoûtante. Le calme puis la tempête. La tête m’en tourne. Tout s’efface, tout s’envole. Allons ! Suivons ce rythme effréné ! Que jamais il ne s’arrête ! Mélomane jusqu’à plus soif. Encore, toujours ! Sois bercé par cette musique. Les notes arrivent par vagues, tourbillonnent autour de mes oreilles puis se fracassent dans mon crâne. Trop courte, cette musique est trop courte ! Il faut l’écouter indéfiniment. Encore, toujours oui ! Que rien ne s’arrête. Aucun sentiment ne peut traduire ce qui en ressort. Il faut écouter, juste écouter. Serait-il possible de s’endormir ? Ou au contraire pourrait-on ne plus pouvoir se contrôler. Encore ! Encore ! Encore !
Du haut de la vierge montagne, la civilisation nous entoure. La religion a offert un toit aux non-croyants. Et un magnifique spectacle s'offre ainsi à eux. Instant de sérénité au cœur de la forêt. Le singe est ici maître des lieux, ne le dérangeons pas. Au loin se dessine un mur de béton, de pollution et de bruit. Plus loin encore se reflète la beauté de la nature immaculée. Ce n'est pas le toit du monde mais un havre de paix.
C’est le désespoir qui te force à te pervertir par ces substances?
Ou peut être ma perversion crée-t-elle un désespoir qui me pousse à prendre ces substances.
Bon et quel choc émotionnel est à l'origine de ta perversion?
N' y en aurait il donc qu'un ?
Ce qui m'intéresse c’est le moment déclencheur ; celui qui t'a fait tomber dans le tréfonds de l'inconscience.
Je pense que tout ceci est venu bien progressivement. Un enchaînement de situations, de faits et de paroles, de sentiments, d'exaltations et de malheurs. Des plus profonds chagrins aux plus grandes joies. De ma méconnaissance à mon apprentissage. Du début jusqu'au commencement de la fin. Tout ceci est bel et bien définitif.
Tu sembles vouloir échapper à un monde qui t'échappe et logiquement tu cherches dans un ailleurs à te replonger dans tes songes, dans tes chimères qui inondent et polluent ton esprit ravagé. Cet orientalisme n'est-il pas pour toi la plus tenace de tes intoxications?
Non pas l'orientalisme ! Mais l'amour ! ! Oui l'amour ! De l'Asie, du monde, de tout ce qui m'entoure et par dessus tout, des femmes . . .
L'amour n'est-il pas la pire chose à souhaiter à un homme? comment peut-il rester vif d'esprit dans la dépendance?
Il ne le reste pas. Il suit un destin qui n'est plus le sien. Il devient esclave de lui même. Il s'enterre si loin qu'il en perd tous ses sens. Et pourtant... et pourtant il se retrouve dans un autre monde. Bien plus beau en apparence que l'ancien. En apparence seulement mais pas toujours. Il arrive que ce nouveau monde reste beau à jamais. Je ne saurais dire si l'amour est la pire chose à souhaiter à un homme mais c'est sans conteste ce qui lui vaut une fin si pitoyable, tout comme l'était sa vie.
Nous ne sommes qu'une infection pour la Terre!
Et davantage encore pour nous mêmes. Mais nous ne sommes rien, pas même le commencement d'un souffle.
Tout juste sa fin...
Nous sommes les nerfs cédant sous l'oppression de notre condition.
Mais qui est donc à l'origine d'une telle condition justement ?
L'existence même !
Il est vrai qu'avant même notre naissance nous sommes oppressés par ce ventre. Et comme par hasard, ce ventre se trouve être celui d'une femme.
Et en plus de tout ça tu es misogyne.
Non je les adore. Je les aime trop justement. Je combats le trop plein d'amour que je leur porte par une haine futile et dérisoire. Je me venge de toutes leurs perfidies. Et pourtant je fonds comme neige au soleil à l'once d'un sourire.
Ca me semble parfait. On va en rester là. Vulnérable et sensible. N'oublie pas tes songes d'une nuit d'été.
Jamais. Je compte bien m'y replonger avec délectation.
[Silence]
C'est un homme
Un homme un vrai! Je ne sais pas s'il est aussi sensible que toi.
Je ne suis peut être pas un homme.
On dirait vraiment un pissenlit sur lequel on s'apprête à souffler. Fragile petit bonhomme.
Le vent s'est déjà levé, ma peau s'effrite. Il n'en restera bientôt plus une miette. Et ces bris de peau donneront vie à des petits X ?
Qui subiront un à un le même triste sort . . .
Ô douloureuse et irréversible absurdité ! Je pense qu'on va se quitter là dessus. Ca me semble parfait !
Je te prends par la main Pour t'emmener au loin Là où le temps n'existe plus Les saisons elles aussi ont disparu Il n'y a plus que toi et moi Perdus dans ce qui semble être de la joie Ton regard se reflète dans le mien Tu veux partir mais je te retiens Je pars et tu me fais un signe de la main
Insatisfaction perpétuelle ou quintessence de la stupidité ? Pourquoi tant de gens apprécient si peu leurs créations, leur vie ? Tout est si éphémère, soyons heureux du moindre détail. Vivons dans le plaisir ! Pas celui de la luxure évidemment, mais plutôt celui des petites choses. Il y a forcément du bonheur pour chacun de nous. Et même si certains pensent le contraire, ceux qui peuvent lire ce texte en ont nécessairement plus que des millions d’autres personnes. Aujourd’hui, lire ce texte d’une inutilité affligeante pourrait vous faire sourire, et donc vous apportez un peu de votre dose de bonheur quotidienne. Le sourire, même si on le croit faux, est bien la seule marque de bonheur que l’on puisse afficher. J’ai vu des gens ayant pour seul bien deux planches de bois et un peu de tôle être heureux de vivre ; j’ai vu des gens noyés sous leurs bien se plaindre de leur morne vie. Et puis il y a tous les autres, comme moi il faut bien l’avouer, qui passent davantage de temps à se lamenter plutôt qu’à jouir des instants de la vie. Il ne faut certes pas voir la vie comme un long fleuve tranquille du paradis mais au moins se rendre compte des chances qu’elle nous apporte. Ne pas faire une montagne de ce qui ne va pas comme on le souhaite si on ne cherche même pas à voir ce qui nous complait.
Eclairés par les rampes de la vie nous naviguons vers l’horizon. Un destin méconnu nous attend. Bonheurs et malheurs seront au rendez-vous. Un battement de cils nous égard. Une voix, un souffle, nous remet dans le droit chemin. Il faut avancer sans cesse. Se retourner ne sert à rien ; se souvenir suffira pour ne pas oublier d’où nous venons. Chercher, suivre, apprendre, sont les maîtres-mots de la vie. Seul ou à plusieurs nous progressons. L’adversité rencontrée ne doit pas masquer nos joies et plaisirs. Pour une chute il y aura toujours quelqu’un prêt à venir en aide. Roam and go away as far as you can. Ne jamais regretter. Ne pas prendre de risques conduit à l’enfermement. En prendre trop conduit au néant. Roam and go away. Mais par dessus tout, garde le sourire.
Petite, elle garde néanmoins de belles formes. Sauvage, elle ne se laisse pas facilement approcher et encore moins dompter. Nombreux sont ceux qui s’y cassèrent les dents. Et lorsque l’on croit l’avoir eue, c’est avec surprise et violence que l’on se retrouve six pieds sous terre avant d’avoir pu souffler mot.
Elle peut être douce et caressante mais aussi violente et effusive !
Lorsque l’on se plonge dans l’un de ses trois orifices, on sent sa vierge nature nous envahir. Une osmose avec cette beauté originelle s’installe immédiatement entre l’aventurier et elle.
A chaque instant, de nouvelles sensations, de nouvelles merveilles émanent de cette rencontre d’un instant, d’une vie pour certains.
Je dis ses formes généreuses. En effet, ses protubérances en feraient rougir plus d’une ! Elles ne sont pas symétriques mais qu’importe ! on les parcourt avec un plaisir, certes essoufflant, mais pour jouir d’une vue sans pareille !
Mais l’on peut aussi, pour les moins téméraires d’entre nous, rester en surface et admirer ses contours paradisiaques. Blancs, noirs ou rouges, ses apparats son variés. Mais tous baignent dans ce même bleu infini et envoûtant qu’on pourrait contempler des heures durant, sans jamais se lasser.
On pourrait croire qu’elle nage en plein bonheur, irradiant sous un soleilbienfaiteur. Mais bien souvent son chagrin est tel qu’elle pleure des semaines, voire des mois sans pouvoir s’arrêter. Rien ne peut alors la soulager. Il faut attendre que la peine passe et que la joie ensoleillée revienne. Car elle finit toujours par passer. Même lorsque sa colère répand des torrents de larmes sur son corps.
Je pourrais aussi évoquer son parfum aux mille saveurs. Sucré, il est aux croisement de l’Afrique et de l’Asie. Nos narines constamment chatouillées font chavirer nos sens.
Vous l’aurez compris, on ne peut que s’enamourer devant telle beauté ! Son nom ? Réunion.
Sale est le sable blanc rampant par delà les mers, s’élevant tel ces microcosmes intemporels. De ce néant naîtra l’embryon de ce prochain grain. Et si par hasard la raison s'envolait, il restera probablement ce message : " A toi je le dis, à toi je pense, sans toi je ne vivrai pas."
Ce chat corrompu court comme celui-ci, caché, cassé, chassé. Cruelle charade cartographiée chez cette corpulente Castillane.
Ton tout tyrannique tuera ta tendre Tafka.
Tu tombes. Trois toiles te tiennent.
Traîne ta tombe, tremble de tout ton toi !
Tout temps turlupine ta trajectoire.
Terre tremblante, tristesse thaumaturge.
SOUVENIRSURNATUREL
Soleil sans souci scintille sur ses sources sacrées si savamment silencieuses. Silhouettes sucrées sans sel. Serpents saucissonnés. Sachez souris, sortir sans salir son sensuel scarabée.
Ensuite, ce sont les joues brûlantes, les langues de feu sautillantes, aussitôt englouties par les ténèbres, les corps qui se tordent, elle te dit doucement, elle crie qu’elle a mal ! Elle se débat, te traite de bête sauvage ! Elle est traquée, chassée, déchirée, avalée. Ah… cette obscurité dense, tangible, ce chaos fermé, ni ciel ni terre, ni espace ni temps, ni être ni non-être, ni non-être ni être, ni être du non-être, ni être de l’être, le feu brûlant du charbon de bois, les yeux humides, la caverne ouverte, les volutes de fumées, les lèvres brûlantes, les cris gutturaux, l’homme et la bête, l’appel à l’obscurité originelle, l’angoisse du tigre féroce dans la forêt, l’avidité, les flammes sont montées, elle pleure en poussant des cris aigus, la bête sauvage mord, rugit, elle est ensorcelée, elle saute tout droit, tourne autour du feu, la lumière est de plus en plus claire, les flammes changeantes, informes, dans la grotte d’où s’élèvent les volutes de fumée, une lutte à mort s’engage, elle se précipite sur le sol, elle pousse des cris stridents, saute encore, rugit, étrangle et dévore … le voleur de feu s’est enfui, au loin la torche entre dans le noir, elle diminue, la flamme n’es plus qu’un petit point vacillant dans la bise. Elle s’éteint.
Lune au regard pâle La nuit est fraîche et pourtant le soleil brille Les souterrains ne sont finalement que les portes du ciel Je sors et m'emprisonne Je lâche le fil de la vie, tombe et monte au paradis Je revois ce regard silencieux J'appelle ; rien ne répond, pas même l'écho de mes paroles impuissantes
Qu'importe la distance
puisque l'on se voit davantage que des aveugles,
que l'on s'entend bien mieux que des sourds
et que l'on se touche des yeux !
Navire fébrile et tempête revigorante, je pars sur le chemin. J'ai peine à croire qu'il sera sans fin. Je cherche tes pas, ne les trouve pas mais ne désespère pas tant que j'avance pas à pas. Le chemin s'éclaire, s'éteint et disparaît. Suis-je arrivé au but ? Mais elle n'est pas là. Je suis seul et me perds dans l'infini. Au fond brille un éclat. Tu as toujours été au dessus de moi.
Ce soir, impossible de lire. Ce n’est pas l’envie qui manque mais mon esprit est ailleurs. Impossible de me concentrer sur les mots. Ils n’ont guère plus de sens qu’une feuille blanche. Mais cette feuille, elle, je peux la remplir. Je peux lui donner un sens et ainsi, occuper mon esprit ! Dur d’écrire sans penser ni pensées.
Me voilà donc entré dans un nouveau cercle qui promet d’être long : le travail ! Et ce, sans même avoir pris le temps de réaliser d’autres rêves. Cependant, est idéaliste ou stupide celui qui croit qu’un rêve ne nécessite aucun bien matériel ! Peut-être pour un petit rêve ! Le genre de rêves qu’ont ces personnes qui, après avoir passé toute une vie au même endroit ; dans la même ville, le même quartier, la même maison, ont enfin un rêve ; celui de découvrir la ville voisine. Mais ces rêves ne sont pas pour moi. Je n’ai déjà que trop goûté à l’évasion. Il m’en faut bien davantage désormais.
Indubitablement, j’entraîne un besoin matériel, non considérable, mais du reste important.
Je vais donc devoir attendre.
Attendre.
Attendre pour réaliser mon propre road-movie. Son thème ? Le monde ! Et par-dessus tout, l’Autre, les relations humaines. 6 milliards d’habitants dans ce monde aux mille facettes. Autant dire l’infini. Jamais personne non jamais personne ne pourra voir ne serait-ce qu’un seul de ces six milliards ! Et encore faut-il savoir ce que l’on entend par voir. Car oui ! les plus grandes « stars » peuvent se prévaloir d’avoir vu des millions de personnes. Mais ce sont ces millions qui sont allés vers l’un ; non l’inverse. Je ne suis pas intéressé. Je veux être l’un qui va vers les autres ! Même s’ils ne sont que quelques centaines, quelques milliers. Je veux croiser les regards de chacun d’entre eux. Parler au plus grand nombre. Finir ma vie en disant « Je n’ai pas vu ! J’ai rencontré ! Rencontré des hommes et des femmes aux quatre coins du monde. J’ai pu entrapercevoir l’infini de l’humanité. Et maintenant, je peux aussi mourir car le monde ne m’est plus inconnu. »
Pour beaucoup le bonheur consiste à réussir, à mener sa petite vie. C’est cet affreux schéma occidental : travail – famille ! Argent et amour ! Je renierais presque les deux si l’amour n’était pas le sentiment que j’éprouve pour le monde entier et si l’argent n’était pas mon unique outil pour être en mesure de partager l’amour. Mon bonheur n’est pas moins riche que le leur. Le mien est chaque jour rempli par de nouvelles rencontres, de nouveaux regards. Mon bonheur n’est partagé que de manière éphémère ? Qu’importe !! Depuis quand l’éphémère est-il moins précieux que le perpétuel ? Il l’est davantage au contraire. On apprécie davantage le bonheur si on le sait de courte durée. Qui n’a jamais dit « je t’aime » à une personne qui ne fut autrefois qu’inconnue ? Et combien d’entre eux ont pris le temps de le dire à leur parents, à leurs frères et sœurs aux côtés de qui ils s’imaginaient passer jusqu’au restant de leurs jours ? Si peu oui. Nous avons conscience du bonheur éphémère. Nous l’avons beaucoup moins de celui qu’on imagine impérissable. Or donc, au final, tout bonheur ne serait qu’instant passager ? Je m'égare.
En attendant le rêve d’une vie, contentons-nous de celui d’une nuit.